Pourquoi l’échec est nécessaire pour réussir

Ecrit au Gio Café, place de l’université à Bucarest (Roumanie), le 29 déc. On lit souvent des articles qui listent les échecs d’une marque ou d’un entrepreneur. Et qui prennent un ton sarcastique pour s’en moquer. Ce que les journalistes qui écrivent ces articles n’ont pas compris, c’est que l’échec fait partie de la réussite. Il est nécessaire au succès.

Si vous avez déjà fait un puzzle, vous ne croyez pas à l’échec

Quand on fait un puzzle, et qu’on essaye de placer différentes pièces dans un trou, pour voir si elles y rentrent, on échoue la plupart du temps. Jusqu’à trouver la bonne. La plupart du temps, on ne trouve pas la bonne pièce du premier coup. Une série de tests est nécessaire pour pouvoir identifier celle qui comblera parfaitement le trou. Quand vous faites un puzzle, et qu’une pièce n’entre pas dans un trou, il ne vous viendrait pas à l’idée d’appeler ça un échec. C’est un simple test. Une expérience. Une étape vers le succès.

La notion d’échec crée la notion de risque

Lorsque l’on craint l’échec, on prend forcément des risques. Chaque pas en avant amène un danger : la possibilité d’échouer. Quand on considère l’échec comme un simple test au résultat négatif, on ne prend plus de risques. On expérimente. Il est indispensable de changer sa vision de l’échec et du risque quand on lance une entreprise ou un produit. Quand on est obsédé par l’échec et qu’une pièce n’entre pas dans un trou, on jette le puzzle tout entier à la poubelle. Or, on a davantage de chances de réussir si on garde la pièce fautive de côté, et que l’on continue à en tester d’autres.

Tester, tester, et encore tester : l’exemple du Colonel Sanders

Vouloir réussir du premier coup, c’est se fier à la chance. C’est faire confiance au hasard. Tester différentes options pour savoir laquelle est la bonne, c’est, au contraire, la meilleure façon de travailler. A 65 ans, le fondateur de KFC, le Colonel Harland Sanders, était un ruiné. Son capital de départ, c’était un chèque de 105 dollars reçu de la Sécurité Sociale. Il a parcouru les Etats-Unis pendant plusieurs mois, pour trouver un restaurant à qui vendre son concept de franchise. En dormant dans sa voiture. La 1009è tentative était la bonne. Il lui aura fallu 1008 essais infructueux avant de trouver la bonne pièce du puzzle. Peu après, il crée la société KFC (Kentucky Fried Chicken), dont plusieurs centaines de franchises fleurissent rapidement dans toute l’Amérique. Aujourd’hui, KFC est une marque de renommée mondiale, que l’on connaît tous. Ce que l’on sait mois, c’est qu’elle est le fruit de à 1008 “échecs”. Combien d’entre-nous seraient capables de faire la même chose que le fameux Colonel ? Certainement pas moi. Et c’est la raison pour laquelle je pense toujours à l’histoire de ce grand-père parcourant l’Amérique avec sa voiture lorsque je peine à trouver la bonne pièce du puzzle…